Augustin Saint-Clou, Ati National du Vodou: le PARASOL salue un moment historique et appelle à un pacte national de réconciliation spirituelle

ATI NATIONAL AUGUSTIN ST CLOU

Déclaration du Bureau Exécutif National (BEN) du Parti Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL).

Le samedi 20 juin 2026 restera comme une date importante dans l’histoire culturelle et spirituelle d’Haïti. L’installation du Houngan Augustin Saint-Clou comme Ati National représente un moment qui dépasse le cadre d’une simple cérémonie. Elle intervient dans un contexte où notre pays cherche à retrouver ses repères, à reconstruire son unité et à renouer avec les fondements profonds de son identité.

Le Bureau Exécutif National du Parti Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL) accueille cet événement avec respect et considération. Au-delà de la personne de l’Ati National, c’est toute une réflexion sur la place de la mémoire, de la culture et des traditions haïtiennes dans la reconstruction nationale qui s’ouvre aujourd’hui.

Depuis sa naissance, Haïti porte une histoire exceptionnelle. Elle est la première République noire indépendante du monde moderne, née d’une lutte où la liberté, la dignité humaine et la résistance ont été au cœur du combat de nos ancêtres. La mémoire du Bois-Caïman demeure associée à cette conscience de résistance qui a accompagné le processus révolutionnaire haïtien. Mais cette mémoire ne doit pas seulement appartenir au passé. Elle doit aussi nourrir notre capacité actuelle à reconstruire une nation debout.

Le PARASOL considère que le vodou haïtien doit être compris au-delà des préjugés qui l’ont longtemps entouré. Il constitue une composante importante du patrimoine historique et culturel haïtien, une tradition qui a porté des valeurs de solidarité, de transmission, de rapport à la nature et de lien communautaire. Dans plusieurs régions du pays, les houngans et manbos ont souvent joué des rôles sociaux de proximité, notamment dans l’accompagnement communautaire, la médiation et la préservation de certaines traditions locales.

Reconnaître cette réalité ne signifie pas établir une religion officielle ni remplacer les institutions républicaines. Le PARASOL défend une vision de la laïcité fondée sur la reconnaissance et le respect. L’État doit rester neutre, garantir la liberté de conscience et protéger tous ses citoyens, mais il ne doit pas être dans le déni de l’histoire et des héritages qui ont façonné la nation haïtienne.

La présence de représentants d’autres traditions religieuses lors de cette cérémonie constitue également un signal important. Dans une société longtemps marquée par les divisions et les incompréhensions, le dialogue entre les différentes sensibilités spirituelles doit devenir une force de cohésion nationale. Haïti n’a pas besoin d’une nouvelle fracture; elle a besoin d’une réconciliation profonde entre ses enfants.

Le PARASOL salue également les démarches visant à structurer davantage la représentation culturelle et spirituelle du vodou haïtien, notamment à travers les responsabilités confiées à Garnier Séjour comme Empereur National et à Delphin Wilson Junior Gwètò II comme représentant du département de l’Ouest. Toute organisation qui cherche à promouvoir la responsabilité, la paix et la transmission culturelle mérite d’être considérée dans une perspective constructive.

Cependant, cette reconnaissance doit toujours s’inscrire dans le cadre de la République. Le PARASOL rappelle que la spiritualité ne remplace pas l’État de droit, la justice, la sécurité ou le développement économique. Elle peut néanmoins contribuer à restaurer certaines valeurs fondamentales dont notre société a besoin : le respect de la vie humaine, la solidarité, la responsabilité collective et le sens du bien commun.

C’est dans cet esprit que le PARASOL propose l’ouverture d’un véritable pacte national de coopération culturelle et spirituelle entre l’État et les représentants des grandes traditions religieuses et culturelles du pays. Ce dialogue pourrait permettre de mieux protéger le patrimoine haïtien, d’accompagner les initiatives communautaires de paix, de renforcer la cohésion sociale et de donner une place plus importante aux acteurs locaux engagés dans la reconstruction morale du pays.

Le PARASOL propose également la création d’un Conseil National des Cultes et du Dialogue Spirituel, espace de consultation réunissant les différentes sensibilités religieuses et culturelles d’Haïti. Cet organisme ne serait pas une autorité religieuse, mais un lieu de dialogue républicain destiné à favoriser la compréhension mutuelle, la paix sociale et la protection du patrimoine immatériel national.

Dans un pays confronté à une crise sécuritaire profonde, toutes les forces capables de contribuer à la paix doivent être encouragées. Les responsables spirituels et communautaires, lorsqu’ils agissent dans le respect de la loi et des droits humains, peuvent participer aux efforts de médiation et de reconstruction du tissu social. La lutte contre la violence exige aussi une reconstruction des consciences.

Le vodou, comme d’autres traditions haïtiennes, peut également contribuer à une nouvelle vision du développement. La valorisation du patrimoine culturel, le tourisme historique et culturel, la protection de l’environnement et le renforcement des solidarités locales sont autant de domaines où la culture nationale peut devenir un moteur économique et social.

Le PARASOL est convaincu qu’Haïti ne pourra pas renaître en rejetant une partie d’elle-même. Une nation qui oublie ses racines fragilise son avenir. Mais une nation qui sait reconnaître son histoire, respecter sa diversité et transformer ses héritages en forces de progrès peut retrouver sa place dans le monde.

L’installation du Houngan Augustin Saint-Clou comme Ati National doit donc être regardée comme une opportunité de dialogue, de réflexion et de rassemblement. Ce moment rappelle qu’au-delà de nos différences, nous partageons une même histoire, une même terre et une même responsabilité envers les générations futures.

Le PARASOL renouvelle son respect à l’Ati National Augustin Saint-Clou et appelle toutes les forces vives d’Haïti à participer à une nouvelle étape : celle d’une République réconciliée avec son histoire, fière de son identité et engagée dans sa Renaissance.

Vive l’unité nationale !
Vive le patrimoine culturel haïtien !
Vive la Renaissance haïtienne !

Fait à Port-au-Prince, le 24 juin 2026

Pour le Bureau Exécutif National (BEN)
du Parti Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL)

Yvon Bonhomme
Président-Fondateur
Auteur du programme «Renaissance (Leave No One Behind)»
Porteur de la Doctrine Dessalinienne Humaniste

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